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29.03.2007

François Bayrou et Azouz Begag en meeting à Saint-Etienne le 26 mars 2007

medium_azouz_begag.jpgFrançois Bayrou était à Saint-Etienne, le 26 mars 2007, devant plus de 4000 personnes, il a livré sa vision de la Nation et du patriotisme, soulignant que les difficultés que rencontrent notre pays touchent plus au chômage, à la précarité, à l'exigence écologique qu'à notre identité nationale. Cette soirée était notamment marquée par la présence du Ministre de la promotion de l’égalité des chances, Azouz Begag, qui a présenté les raisons de son soutien à François Bayrou.

Extrait du meeting

François BAYROU. - "Avant de m'adresser à vous et de vous remercier de votre présence si nombreuse, je veux donner la parole à Azouz Begag, ministre de l'Egalité des chances."

Azouz BEGAG. – "Merci, François, merci, Mesdames et Messieurs, pour cet accueil qui est à la mesure des espoirs que la France porte sur toi, François.

J'ai aussi toujours rêvé de sortir de la tyrannie de ce clivage gauche/droite.

J'ai toujours pensé aussi qu'il y avait des possibilités pour les hommes de bonne volonté de France de pouvoir faire converger leur engagement pour la France quelle que soit leur idéologie, quelle que soit leur appartenance à un appareil.

J'ai toujours pensé aussi, Mesdames et Messieurs, que, suivant en cela le général de Gaulle, une élection présidentielle, c'était la rencontre entre un homme et un peuple.

J'ai une drôle de sensation, depuis quelques semaines, que cette rencontre est en train de s'opérer sous nos yeux. C'est toi qui la portes, François.

Les gens me le disent, dans le métro, dans la rue, quand je rentre chez moi : " Merci", mais je leur réponds : "Merci de quoi ?" Ils me disent de votre courage, pour votre engagement avec François Bayrou. Je leur explique que ce n'est pas du courage, que c'est juste suivre ses convictions.

J'ai toujours considéré que la démocratie, cela commence à trois et non à deux. A partir du moment où l'on offre la possibilité aux Français d'avoir trois candidats, alors, on démultiplie l'offre politique et on leur offre un choix à la mesure de leur diversité.

Mesdames et Messieurs, je dirai même mieux, je suis Ministre de la Promotion de l'égalité des chances, mais, dans une vie antérieure qui est toujours ma vie aujourd'hui, je suis un homme de lettre et je crois que la France a aussi besoin d'un professeur de français ! Pour montrer à quel point -et, là, je parle à tous les enfants de Montréno qui sont peut-être ici- la maîtrise de la langue française, de la langue écrite et orale est un instrument majeur d'égalité des chances et je suis très fier aujourd'hui d'apporter mon soutien à un professeur de français qui sera, je crois, le président de la République française dans quelques semaines.

François BAYROU. - "Mes chers amis, je suis très heureux et très ému. Je suis très heureux de voir cet immense hall rempli par votre présence amicale et chaleureuse. Je suis très ému de l'accueil que vous m'avez réservé tout au long de la traversée de cette immense salle. Je suis heureux de la présence de mes amis parlementaires qui sont les uns et les autres venus me rejoindre.

Je commencerai par Claire Gibault, député européen, Thierry Cornillet, député européen, Anne-Marie Comparini, député du Rhône et ancienne présidente de la région, Gilles Artigues, député de la Loire, Michel Mercier, sénateur et président du Conseil général du Rhône, Muguette Dini, sénateur du Rhône, François Rochebloine, député de la Loire, François Sauvadet, député de la Côte d'Or et porte-parole de l'UDF et je veux associer Jean-François Barnier qui sera, dimanche prochain, élu conseiller général.

Je veux dire à Azouz Begag à quel point son propos est magnifiquement éloquent, du fait de sa maîtrise de la langue française, de son expression, de sa richesse, de son émotion -tu nous as montré à quel point, en effet, tu en avais la maîtrise et la force- mais ce n'est pas seulement pour cela, ce n'est pas seulement pour ton soutien. C'est aussi pour ce que tu as fait, depuis l'année où tu es membre du gouvernement. C'est aussi pour les valeurs que tu as défendues, pour la vérité que tu as faite entendre, sans peur et sans reproche.

Sans peur et sans reproche, les hommes de courage comme toi, d'engagement comme toi, de brio comme toi, d'indépendance comme toi, ces hommes sont précieux dans l'équipe que nous allons former au service de la France.

Merci, Azouz. Je le dis d'autant plus que cette équipe, comme vous le voyez, est en train de s'étendre, de se renforcer tous les jours, de marquer de nouveaux points, puisque, ce matin, le ministre de la Recherche du gouvernement, François Goulard, a décidé qu'il s'engageait avec nous, lui qui vient de l'UMP et, désormais, de mettre son expérience au service de cette nouvelle équipe que nous sommes en train de constituer pour la France.

Ainsi, ceux qui, il y a encore quelques jours ou quelques semaines, prétendaient que cette idée de faire travailler ensemble des gens venant de camps différents était idéaliste ou utopique, que ce n'était pas réalisable et que, naturellement, je ne trouverai personne pour être interlocuteur et partie prenante de cette grande aventure, ceux-là en sont pour leurs frais.

En quelques semaines, des hommes sont venus de la gauche avec une expérience professionnelle aussi importante que celle de Jean Peyrlevade, l'homme qui a sauvé le Crédit Lyonnais de la faillite qui lui était promise, des gens qui ont occupé des responsabilités aussi lourdes au sein de l'appareil d'Etat que ceux qui ont signé, sous des pseudonymes différents, mais qui sont transparents pour tout le monde : Spartacus ou les Gracques, personnalités reconnues de tous ceux qui, en France, ont fait vivre la République depuis des années, viennent de la gauche.

Puis, il y en a qui viennent des milieux écologistes. Corinne Lepage, par exemple, a décidé de nous rejoindre et d'être avec nous.

Puis, il y en a qui viennent de la société civile indépendante, bien que de responsabilité ministérielle, comme Azouz Begag qui s'est adressé à vous à l'instant.

Puis, il y en a qui viennent carrément de l'UMP, comme François Goulard, ministre qui s'est prononcé ce matin et d'autres encore, parce que je ne doute pas, je sais que ce mouvement est en train de s'étendre et que des dizaines et des dizaines de femmes et d'hommes d'expérience et d'engagement sont sensibles à ce que nous disons.

Quelques-uns se sentent encore verrouillés par les états-majors, mais vous verrez que, au fur et à mesure que les semaines passeront, nous allons découvrir que, de plus en plus, de femmes et d'hommes se sentent libres dans notre pays, parce que votre engagement les aura libérés. On leur aura montré que c'est possible et, parce que c'est possible, alors, ils vont le faire et ils vont le faire avec nous.

26.03.2007

Un sondage sur le Net parmi d'autres...

Sondage en ligne depuis le 16 Mars 2007: 23771 votes sur www.presidentielle-2007.net

 

François Bayrou
25.5% (6063 votes)
Ségolène Royal
23% (5462 votes)
Nicolas Sarkozy
22.4% (5335 votes)
Jean-Marie Le Pen
19.9% (4719 votes)
Olivier Besancenot
2.1% (500 votes)
Philippe de Villiers
2% (481 votes)
José Bové
2% (466 votes)
Marie-George Buffet
1.2% (296 votes)
Gérard Schivardi
0.6% (133 votes)
Dominique Voynet
0.5% (125 votes)
Frédéric Nihous
0.4% (102 votes)
Arlette Laguiller
0.4% (89 votes)

François soutient François: nouveau sutien politique

Le ministre délégué à l'enseignement supérieur apporte son soutien à François Bayrou

 medium_Goulard.2.jpg

François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur, a apporté, lundi 26 mars, son soutien à François Bayrou. Dans un entretien au quotidien régional Ouest France, le ministre rappelle que ses "divergences avec le président de l'UMP ne sont pas nouvelles". "J'ai toujours appelé à davantage d'ouverture, et aujourd'hui j'ai décidé de soutenir François Bayrou, l'homme et son projet. C'est un homme profondément moderne qui cultive ces vertus complémentaires que sont la modération et le caractère."

Sur RTL, il a enfoncé le clou, estimant que le candidat de l'UDF présente "le seul programme sérieux". Membre de l'UMP, François Goulard est le deuxième ministre du gouvernement Villepin, après Azouz Begag, à se ranger derrière François Bayrou. "J'ai regardé les programmes (...). Le seul programme sérieux, qui échappe à la démagogie, qui n'ait pas ouvert la boutique aux cadeaux, promesses en libre-service, le seul qui ne désigne pas l'euro comme bouc émissaire (...), le seul qui prend les électeurs au sérieux, c'est François Bayrou", a-t-il expliqué.

"MODERNISER LA POLITIQUE"

François Goulard a souligné également "un besoin de moderniser la politique", la nécessité "d'aller vers des logiques de projets". "La démarche de François Bayrou me paraît utile aujourd'hui et moderne", a-t-il ajouté, en se présentant comme "un homme de droite". Selon lui, ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal ne sont "des candidats de rassemblement".

M. Goulard, qui s'est toujours montré très critique à l'égard de Nicolas Sarkozy et a longtemps soutenu l'idée d'une candidature Villepin à la présidentielle, a estimé que "le score de François Bayrou dans les sondages est une indication très forte que beaucoup de Français ont envie de changement".

LEMONDE.FR avec AFP | 26.03.07

20.03.2007

Corinne Lepage Présidente de Cap21 soutient François Bayrou

medium_Lepage.jpgCorinne Lepage : Il faut refonder une écologie politique au-delà de la gauche et de la droite
19 mars 2007
Corinne Lepage a choisi de soutenir François Bayrou car elle souhaite refonder une écologie politique au-delà de la gauche et de la droite. Elle le soutient également parce qu'il est le seul candidat à proposer une réforme profonde des institutions.

Corinne Lepage a réfuté le terme d’"écologiste libérale". La présidente de Cap 21 se place au dessus de la gauche et de la droite : elle est opposée à "une écologie gauchiste" car on a, selon elle, besoin de l’économie de marché et elle est tout autant opposée à "une écologie libérale" car elle estime qu’on a besoin de l’Etat. Corinne Lepage soutient aujourd’hui François Bayrou par choix politique. Elle a expliqué qu’elle était sur le point d’obtenir ses signatures pour se présenter à la présidentielle mais qu’elle a préféré se rallier à François Bayrou pour deux raisons : elle a estimé qu’il n’y avait aucune place pour les "petits candidats" dans cette élection. Elle a constaté que l’écologie est aujourd’hui en lambeaux car les Verts se sont recroquevillés sur leur électorat gauchiste. Corinne Lepage a appelé à une refondation de l’écologie politique au-delà de la droite et de la gauche. Deuxième raison de son soutien à François Bayrou : il est le seul candidat à proposer une transformation profonde des institutions. Elle est notamment favorable, comme lui, à un pouvoir judiciaire et des médias indépendants. Corinne Lepage est convaincue que cette réforme institutionnelle est indispensable pour avancer sur le plan environnemental. Elle a constaté que les Français avaient eu le sentiment que parce que tous les candidats avaient signé le pacte écologique de Nicolas Hulot, tout le monde était devenu écologiste. Elle a distingué ceux pour qui, l’environnement vient en fin de programme et ceux comme elle, pour qui l’environnement est au cœur du débat et c’est l’impulsion du dynamisme du développement économique et du changement de nos institutions. François Bayrou est favorable à la création d’un vice-premier ministre chargé du développement durable comme le propose Nicolas Hulot, elle estime qu’il faut lier environnement, santé publique et consommation. Elle s’est ainsi étonnée que personne ne s’intéresse à la montée de certaines pathologies liées à l’environnement et des coûts qui en résultent. L’autre option qui n’a pas sa préférence, serait de lier le climat, l’environnement et le transport.
Corinne Lepage a aussi beaucoup de points de convergences avec François Bayrou sur les questions écologiques : ils sont d’accord pour instaurer un moratoire sur les OGM, sur les objectifs d’un plan d’adaptation aux changements climatiques comme sur ceux d’une réduction des déchets ou encore pour rééquilibrer les crédits de recherche consacrés au nucléaire en faveur du développement des énergies renouvelables. Elle a souligné que François Bayrou consacrait tout un chapitre à l’environnement, dans son livre Projet d’espoir. « Il est convaincu que le nucléaire est une absolue nécessité » a déclaré Corinne Lepage. Pour elle, si la France ne peut pas s’en passer – 80% de notre électricité est d’origine nucléaire – ce n’est pas la solution à l’échelle de la planète et ce n’est pas une réponse aux changements climatiques. Il faut, selon elle, baisser à terme, notre part de production d’électricité d’origine nucléaire et augmenter celle des énergies renouvelables. "C’est une nécessité industrielle et économique plus qu’écologique" a insisté Corinne Lepage. La présidente de Cap 21 a pris l’exemple du futur EPR de Flamanville dans la Manche contre lequel elle a manifesté à Rennes samedi avec 40 000 personnes. Ce réacteur nucléaire de 3 e génération va, selon elle, coûter 3,5 milliards d’euros et l’installation ne va créer que 300 emplois : "On peut faire mieux et en particulier dans les énergies renouvelables" a déclaré Corinne Lepage. Elle a ainsi estimé que la décision d’installer un EPR était non seulement un choix économique mauvais mais aussi un choix technologique contestable : elle a fait valoir que la construction du premier EPR en Finlande posait quelques problèmes. Elle a également souligné que la France était aujourd’hui en surcapacité et vendait aujourd’hui son énergie nucléaire à l’étranger. La question de renouveler les centrales nucléaires ne se posera pas, selon elle, avant 2020. Corinne Lepage a surtout déploré que la France ne développe pas la filière des énergies renouvelables comme nos voisins allemands. Parce que nous sommes encore selon elle dans une politique du tout nucléaire, l’essentiel de nos investissements dan l’énergie portent sur le nucléaire.
Corinne Lepage a défendu une décentralisation énergétique et une autonomie énergétique des collectivités locales. A l’exemple de plusieurs villes dans le monde, elle souhaite que l’on développe une production locale d’énergie. Il s’agit selon elle, d’un système gagnant-gagnant car cela permettrait de développer des entreprises locales non délocalisables et cela garantirait notre approvisionnement. Elle est convaincue que la cogénération* mixée avec de l’éolien et du solaire est porteuse d’avenir. Sans évidemment exclure le nucléaire. Elle a enfin fait valoir que le développement des énergies renouvelables crée de nouveaux métiers et est donc créateur d’emplois.
*La cogénération consiste à produire en même temps et dans la même installation de l’énergie thermique (chaleur) et de l’énergie mécanique. L’énergie thermique est utilisée pour le chauffage et la production d’eau chaude à l’aide d’un échangeur. L’énergie mécanique est transformée en énergie électrique grâce à un alternateur. Elle est ensuite revendue à EDF ou consommée par l’installation. L’énergie utilisée pour faire fonctionner des installations de cogénération peut être le gaz naturel, le fioul ou toute forme d’énergie locale (géothermie, biomasse) ou liée à la valorisation des déchets (incinération des ordures ménagères…). Cette source d’énergie fait fonctionner une turbine ou un moteur.
Radio BFM

 

19.03.2007

Suite de l'interview de François Bayrou dans le Nouvel Observateur le 15 Mars 2007

medium_Bayrou4.jpgQue répondez-vous à Dominique Strauss-Kahn, qui vous demande de rompre avec Sarkozy ?
- Qu'il s'émancipe de ce qu'il y a de dépassé dans son camp autant que je me suis émancipé de l'UMP, et on pourra parler... sans difficulté.

Sarkozy est en train de droitiser sa campagne, en particulier sur l'immigration. Vous le croyez prêt à une alliance avec Le Pen ?
- Non. Je pense qu'il adresse des signes appuyés aux électeurs du FN. Mais il y a des choses que l'histoire devrait nous interdire de remettre sur la table, comme de mélanger l'immigration et l'identité nationale. Et tous les républicains devraient considérer que sur ces sujets, pour conjurer les risques, ils doivent faire bloc.

Dans les blogs, on découvre que beaucoup d'enseignants disent : Bayrou, c'est formidable, car il propose une subversion conservatrice. Il va bouleverser le bocal politique, mais pour le reste il ne touchera pas à grand-chose.
- Les enseignants sont nombreux parmi vos lecteurs, et vous passez votre temps à les critiquer. Vous vous situez dans la pensée unique : les profs seraient des conservateurs, des ringards. Moi, je les défends. Les profs sont aussi généreux, aussi révolutionnaires, peut-être plus, que vous. Simplement, ils ne veulent pas qu'on leur parle mal.

Vous avez quand même la réputation d'avoir été un ministre de l'Education conservateur.
- C'est l'angle d'attaque d'une partie de la droite à laquelle se joint « le Nouvel Observateur »... Mais prenez les sondages présidentiels dans le monde éducatif : je suis très bien placé. Vous croyez que c'est uniquement parce que je n'aurais rien fait ? Les profs savent au contraire que j'ai beaucoup fait. Mais je l'ai fait avec eux, pas contre eux. Du primaire à l'université, en passant par la réforme des collèges, les stages en entreprise, le bac actuel, le semestre d'orientation à l'entrée de l'université, tout cela, nous l'avons fait dans le respect réciproque et la coresponsabilité.

Vous gérerez la France comme vous avez géré le ministère de l'Education ?
- Oui, je serai un président réformateur.

La plupart des candidats à l'élection présidentielle, aujourd'hui et hier, ont rêvé très tôt d'être président de la République. Comment est née votre propre vocation présidentielle ?

- Il faut distinguer : ma vocation politique, ou disons une certaine vocation « tribunitienne », la volonté d'être l'avocat des petits contre les pouvoirs - je l'ai eue très, très tôt. Enfant. Il circule par ailleurs une légende, dans mon village du Béarn, selon laquelle j'expliquais vouloir devenir président de la République à l'âge des dents de lait. Je n'y crois pas. En tout cas, je n'en ai aucun souvenir. Ensuite, il y a eu tout un temps où j'ai passionnément eu envie de servir quelqu'un, d'aider un de mes aînés à devenir président.

Vous étiez alors trop jeune pour être candidat...
- Non, ça m'aurait très bien été de simplement « aider ». Par exemple, aussi étrange que cela puisse paraître aujourd'hui en raison de son engagement derrière Sarkozy, j'ai longtemps rêvé que Simone Veil soit la première présidente de la République française.

Vous avez eu une jeunesse humiliée, qui expliquerait la précocité de votre vocation politique ?
- Non, j'ai eu une jeunesse heureuse. Mais très tôt, sans doute à cause de la situation de mes parents, j'ai eu le sentiment d'appartenir à la classe des sans-pouvoir. Très tôt, j'ai eu le sentiment d'une lutte de classe, plus exactement, de l'écrasement d'une classe par une autre. Je l'ai dit dans un livre récent, j'ai eu très tôt le sentiment qu'il y avait un tiers état, dont tout le monde se foutait.

Alors pourquoi ce long compagnonnage avec la droite ?
- Parce qu'il y avait le mur de Berlin. Une grande question s'est posée dans la seconde moitié du xxe siècle : acceptait-on ou refusait-on le totalitarisme soviétique ? Moi, je l'ai refusé, à cause notamment de la lecture de Soljenitsyne. Alors le Printemps de Prague et, plus tard, l'irruption de Solidarnosc, en Pologne, m'ont fasciné. J'ai aimé les leaders de ces épopées. Je le dis souvent à Bronislaw Geremek, avec qui j'ai noué depuis lors un compagnonnage : tu ne peux pas imaginer l'importance que vous, les dissidents, avez eue dans ma vie.

C'est le communisme qui vous a rejeté dans les bras de la droite ?

- Jamais dans les bras. Avec le RPR, j'ai toujours été dans la confrontation. Mais pendant longtemps j'ai subi la loi des alliances électorales. Pour en sortir, il fallait une élection présidentielle. Et il fallait que les temps changent.

Aujourd'hui, vous semblez préférer, si vous vous qualifiez, affronter Sarkozy plutôt que Royal au second tour de la présidentielle. Est-ce que cela veut dire que vous vous sentez désormais plus proche de la gauche que de la droite ?
- Je pense qu'il y a une confrontation nette de projet de société entre Nicolas Sarkozy et moi. Alors qu'il n'y a pas cette confrontation entre Ségolène Royal et moi, ne serait-ce que parce que je ne perçois pas son projet de société. Je me situe clairement du côté de la défense des valeurs républicaines, tout en prenant en compte les impératifs économiques.

En même temps, si vous vous retrouvez face à Ségolène Royal au second tour, vous dealerez avec Sarkozy et l'UMP.

- Vous me permettrez, dans ce cas aussi, de gérer le second tour comme je l'entends. Je n'ai pas du tout l'intention de retomber dans les vieux schémas.

 
Propos recueillis par François Bazin, Guillaume Malaurie et Hervé Algalarrondo

Nouvel Observateur

16.03.2007

Eric Besson s'explique

medium_Besson1.jpgEXCLUSIF. Le Figaro s'est procuré l'ouvrage de l'ancien secrétaire national à l'économie du PS. Eric Besson accuse notamment Ségolène Royal de populisme. Morceaux choisis.


Eric Besson règle ses comptes avec la candidate et « ne souhaite pas » son élection
Dans un livre, l’ancien secrétaire national à l’économie du PS accuse Royal de « populisme ».
« Je pense en conscience que Ségolène Royal ne doit pas devenir présidente de la République. Je ne le souhaite pas pour mon pays. Je le redoute pour mes enfants. » Eric Besson ne votera pas pour la candidate du PS « ni au premier ni au second tour de l’élection. Sauf évidemment si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen. (…) On est sur une pente très dangereuse pour la France si elle gagne ». Dans Qui connaît Madame Royal ?, à paraître le 20 mars, dont Le Figaro s’est procuré une copie, le député de la Drôme dresse un portrait assassin de la candidate. Il y a un mois, il avait démissionné de ses fonctions pour protester contre l’organisation de la campagne. « Qui connaît M Besson ? », avait alors lancé Royal, avec un « mépris hautain », selon lui.
Dans ce livre d’entretiens, il décrit le « pouvoir ultra personnel » de Royal « sans contrôle aucun ». « Seule sa propre gloire la motive. Elle use et abuse de démagogie ». Royal ne serait pas de gauche à ses yeux ? Besson parle de « populisme ». « Pour rester modéré », précise-t-il. On est en France, pas en Amérique latine, même si des ressemblances sont troublantes ». « Indigné » par les « jurys citoyens », il dénonce un discours anti-élites. « C’est sa martingale. Opposer les politiques et les Français, acclimater le poujadisme dans le discours de la gauche ».
Evoquant notamment le voyage en Chine de Royal, il juge que « l’absence de maîtrise de ses propos est la marque d’une incompétence qui est quand même très lourde ». Il dénonce aussi « l’amateurisme » de la candidate ou « l’archaïsme qui sous-tend sa pensée : une détestation sourde de la modernité, de la science, de la raison et du progrès ». Il pense notamment à la position de Royal sur le nucléaire.
Au PS, il était chargé du chiffrage du projet. « Jamais programme présidentiel, à gauche, n’a été inventé dans une telle imprécision, dans un tel secret. (…) Mon boulot, et celui du PS, ce n’était plus de construire mais de cacher cette réalité ». Il dénonce la logique de « cour » autour d’elle et ses décisions « arbitraires ». Mais elle n’est pas la seule accusée : « Elle est la conséquence de notre crise [au PS] même si elle l’a tragiquement aggravée ». Besson, qui dément être un « sarkozyste honteux », « ne reviendra jamais dans ce Parti socialiste là ».

« Qui connaît Madame Royal ? » : Eric Besson, Grasset, 168 pages, 12,90€

Interview dans le Nouvel Observateur: 15 MARS 2007

  

medium_Bayrou_2.4.jpg

Dans son édition du 15 mars, Le Nouvel Observateur publie une longue interview du candidat UDF à la présidentielle, François Bayrou.

Deux critiques fortes vous sont souvent adressées depuis que vous avez franchi la barre des 20% dans les sondages. La première : votre élection signerait le retour de la IVe République. La deuxième, elle «libérerait» les extrêmes, puisque vous déclarez vouloir associer au pouvoir tout l'arc républicain.
- L'UMP et le PS ont le monopole du pouvoir depuis vingt-cinq ans. Ce monopole est menacé par une nouvelle proposition politique. Ils se défendent donc, et rien n'est plus normal. Ma conviction est que la situation de la France est si préoccupante qu'elle exige que pour la période qui vient on puisse faire travailler ensemble au redressement du pays des femmes et des hommes de caractère, venus des grandes sensibilités démocratiques du pays, pour garantir le rassemblement et l'impartialité de l'action. C'est ce qu'ont voulu faire il y a un demi-siècle deux hommes aussi différents que Pierre Mendès France et Charles de Gaulle. Je prétends que la situation du pays est plus grave aujourd'hui qu'elle ne l'était à cette époque. Est-ce que cela favorise les extrêmes ? Il faut avoir de l'estomac pour l'affirmer : dois-je rappeler qu'en 2002 les extrêmes ont recueilli, grâce au système des sortants UMP et PS, presque 40% des voix ?

Comment comptez-vous passer d'une éventuelle victoire à la présidentielle à un gouvernement disposant d'une majorité stable ?
- Dans toutes les circonscriptions, le rassemblement ainsi créé aura des candidats. Ce seront des nouveaux visages, car il y a un immense besoin de changer de génération. J'assumerai ce besoin, ce que le PS et l'UMP ne peuvent pas faire, dans la mesure où ils sont prisonniers de leurs sortants. Il faudra un nouveau courant politique, démocrate, pour former le socle de la majorité nouvelle. Mais ce ne sera pas une majorité fermée. Quiconque voudra participer à ce rassemblement sera le bienvenu. Les portes seront ouvertes. Je vois bien par exemple qu'une sensibilité socialedémocrate a besoin de naître et de se faire entendre. Une sensibilité gaulliste aussi. Et des libéraux sociaux, et des écologistes, comme Corinne Lepage qui s'est déjà exprimée. Ma proposition entraîne, je le crois, une modernisation accélérée de la vie démocratique française. En tout état de cause, j'empêcherai la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule formation. Je veux un Etat impartial, notamment au niveau des nominations. Je refuserai la prise de contrôle par un clan, quel qu'il soit.

Le soir du premier tour de la présidentielle, si vous êtes qualifié pour le second, vous engagerez des négociations.

- Non. Je ne me prêterai à aucune manoeuvre. Je parlerai avec qui voudra, mais je ne changerai pas de ligne. C'est l'esprit de l'élection présidentielle qui permet aux Français, aux électeurs eux-mêmes d'imposer un vrai changement : à l'élection présidentielle, puis aux élections législatives.

Vous défendez l'esprit des institutions. Mais celles-ci ont leur logique mécanique. Soit vous affrontez au second tour Sarkozy, et cela, en cas de victoire, devrait déboucher sur une majorité composée de votre nouveau parti et du PS, soit Ségolène Royal est au second tour et, si vous gagnez, vous devrez gouverner avec l'UMP.
- C'est l'approche traditionnelle. Mais je crois l'UMP et le PS très fissurés en leur sein. Cette élection va entraîner une reconstruction en profondeur du système politique français.

L'UMP et le PS vont-ils éclater ?
- Je ne recherche pas un éclatement. Mais il y aura des remises en question. Ces deux formations devront réfléchir : pourquoi les Français ont-ils envoyé ce message ? Je crois profondément que les sociaux-démocrates vont se révéler à l'occasion de cette élection. Ils en ont ras le bol de la manière dont le PS fonctionne. Ils vont donc déclarer ouvertement qu'ils sont sociaux-démocrates. Et ceux-là ont évidemment leur place dans le rassemblement qui va s'imposer. Je n'ai aucun doute : il y aura des socialistes qui viendront dans la majorité nouvelle.

Dans votre main tendue à la gauche, n'y a-t-il pas une part de tactique ? On a le sentiment qu'après analyse vous avez conclu que le maillon faible du système politique français, c'était le PS. D'où votre tentative de prendre la place de sa candidate au second tour de la présidentielle.
- Je ne m'intéresse pas à la tactique. L'élection présidentielle, ce n'est pas un jeu. C'est une heure de vérité. J'ai fait ces dernières années des choix qui n'avaient rien de facile : par exemple, j'ai voté la censure contre le gouvernement Villepin. A l'époque, personne n'a considéré que c'était une habileté - mais plutôt une imprudence. Aujourd'hui je crois que les deux partis majoritaires sont au bout de leur logique. Ils ne répondent plus aux aspirations du pays. Pendant longtemps on a voulu ignorer cette usure. Mais l'élection présidentielle permet une rénovation en profondeur à laquelle aucun des deux ne pourra échapper.

Précisément les actuels députés UDF n'ont pas tous voté cette motion de censure. Vous prétendez édifier autour d'eux la colonne vertébrale de votre future majorité. Elle risque de ne pas être très vertébrée...
- Quand on se place en position de précurseur, ou de pionnier, on est parfois un peu seul. Cela m'est arrivé et c'est normal.

 
Propos recueillis par François Bazin, Guillaume Malaurie et Hervé Algalarrondo

Nouvel Observateur

 

09.03.2007

François Bayrou nous présente son "Projet d'espoir" pour la France

François Bayrou, candidat à l'élection présidentielle, présente dans son livre une vision, sa vision de la France.

Pour ce faire, il nous expose les grandes lignes de son projet. Un projet qui s'adresse à toute la société française. Une vision cohérente des problèmes rencontrés depuis quelques décennies auxquels François Bayrou propose d'apporter des solutions sur la base de valeurs profondément républicaines, celles que la France s'est données il y a deux siècles : la Liberté, l'Égalité, la Fraternité. Des valeurs au fronton de toutes les mairies de France, depuis trop longtemps oubliées au sein d'une société que tous doivent affronter avec leurs armes.

Ce projet est donc une vision politique pour la France, un projet qu'il veut mener en concertation avec les Français. L'idée d'une réforme des retraites à présenter à l'approbation des Français sous forme de référendum est un exemple de la démarche de co-responsabilité voulue par François Bayrou au cours du processus de décision. Toutes les questions importantes telles que les retraites, la constitution européenne, l'élargissement de l'Europe seront ainsi soumises de cette manière au peuple français, afin de lui redonner le pouvoir trop longtemps concentré dans les mains de quelques-uns.

Projet d'espoir
, un livre de François Bayrou, aux éditions Plon, 17 euros, 194 pages.

A lire sur le site de campagne: http://www.bayrou.fr/propositions/

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