10.04.2007

François Bayrou: "On me rejoindra vite au second tour"

François Bayrou a donné une interview au Journal du Dimanche, parue le 8 avril dans laquelle il prédit un "électrochoc tranquille" mais "déterminant" s'il est présent au second tour de l'élection présidentielle, ce dont il ne doute pas.

Pour le candidat né dans le Béarn, les deux projets que proposent ses concurrents directs lui apparaissent comme "dangereux". Nicolas Sarkozy "propose une société violente" et Ségolène Royal incarne "le Tout État" qui "infantilise" la société.

JDD : Comment ressentez vous la campagne à cet instant ?

François Bayrou : La campagne entre dans sa phase décisive. Ce qui en jeu, maintenant, ce sont les projets de société que nous défendons les uns et les autres, ainsi que les caractères de ceux qui les portent. Nicolas Sarkozy incarne une société violente qui oppose les citoyens les uns aux autres. Une société d’autant plus violente qu’il en vient à penser que c’est à la naissance que tout est joué, thèse totalement anti-scientifique et anti-humaniste. En disant cela, Sarkozy remet en cause les valeurs communes autour desquelles a été construite la société française.

Et Ségolène Royal ?

Ségolène Royal est beaucoup plus hésitante : elle avance une idée avant d’en changer. Mais elle annonce un Etat qui s’occupe de tout, qui prend tout en charge : création d’un service public de la petite enfance, prise en charge générale de la première année de travail, annonce d’allocations de toute nature, un socialisme qui, au lieu de faire grandir la société, l’infantilise en disant : "L’Etat va s’occuper de tout." Ces deux projets de société sont dangereux l’un et l’autre. L’un parce qu’il propose une société violente. L’autre parce que c’est une société du "tout-Etat", alors qu’on devrait en être vacciné depuis longtemps. Mon projet, au contraire, est celui d’une société équilibrée dans laquelle, au lieu de dresser les gens uns contre les autres, on leur permet de vivre ensemble. Une société dans laquelle, au lieu de demander à l’Etat de tout faire, on permet aux solidarités de s’exprimer, à la société civile d’exister en face d’un Etat qui ne ferait plus que l’essentiel.

Si vous êtes au second tour…

Il n’y a pas de "si". Dans ce combat là, il n’y a, pour moi, qu’une seule hypothèse. Je suis candidat pour qu’un souffle nouveau passe sur le paysage politique français. Si l’un de mes deux concurrents est élu, alors on recommencera, comme si de rien n’était, avec la forteresse UMP ou la forteresse PS avec les mêmes à l’intérieur. Tandis que si je suis élu, se mettra en place une majorité nouvelle qui permettra de faire travailler ensemble des sociaux-démocrates – venus du Parti socialiste et de la droite républicaine – autour du centre dans une majorité progressiste et stable.

Vous n’avez enregistré jusqu’ici que peu de ralliements…

J’attends d’autant moins de ralliements parmi les ténors de la politique qu’ils sont verrouillés par les appareils. En outre, je veux renouveler profondément le personnel politique. Recommencer éternellement avec les mêmes ne correspond pas au souffle nouveau que je veux inspirer. Les Français attendent des générations nouvelles. La France est peuplée de gens de talent. Et je sais très bien que des responsables politiques du premier plan, de gauche comme de droite, me rejoindront rapidement si je suis au second tour.

Pensez-vous être face à Sarkozy ?

Personne ne peut le savoir. Mais ma candidature aurait plus de sens face à Sarkozy. Son projet de société est l’opposé du mien. Mais qu’importe, que ce soit face à Nicolas Sarkozy ou à Ségolène Royal, je serai le même. Ceux qui ont l’intention de voter pour moi viennent des deux rives. Au second tour, je serai le candidat du "travaillons ensemble" contre ceux qui ne voient que le combat des deux camps.

Lancerez-vous un appel à vous rejoindre si vous êtes qualifié pour le second tour ?

Je n’en aurai pas besoin. Ma présence au second tour, plus qu’une victoire, sera un électrochoc. Un électrochoc tranquille mais un électrochoc déterminant. Elle témoignera de la volonté des Français de mettre en place un pouvoir apaisé et équilibré. Au lieu d’avoir perpétuellement à sursauté à peine la radio allumée à l’écoute de tel ou tel dérapage, ils auront un président de la République soucieux de préserver le lien social, et attaché à préparer des décisions fédératrices. Les Français aspirent au renouveau qui leur permette de respirer différemment et de ne pas se retrouver avec les mêmes que depuis vingt-cinq ans.


Comment envisagez-vous votre majorité à l’Assemblée ?

Très simplement. Dans toutes les circonscriptions il y aura des candidats avec l’étiquette de la majorité présidentielle. Cette majorité sera ouverte. On pourra la rejoindre, venant de l’un ou de l’autre des deux anciens camps. Les Français étant d’une logique absolue, après avoir donné mandat à un nouveau Président, ils créeront une nouvelle majorité. Pour moi, c’est comme deux et deux font quatre. Les Français ne vont pas dire le contraire les 10 et 17 juin de ce qu’ils auront dit le 6 mai.

Qui seront vos ministres ?

Ils viendront des deux rives et auront tous de l’expérience, mais pas forcément celle d’avoir été au gouvernement depuis vingt ans.

Y aura-t-il des gens de la société civile, comme Azouz Begag ?

De la société politique et de la société civile. Azouz Begag est quelqu’un de bien, d’intelligent, de courageux. Il a décidé de dire ce qu’il avait à dire. Et pour éviter tout reproche, il a quitté le gouvernement. Chapeau.

Avez-vous trouvé votre "Jacques Delors jeune" ?

J’ai une idée…

Et au cas où vous ne seriez pas au second tour ?

Je n’envisage pas ce cas-là. Quand un sportif se met à faire des commentaires sur l’éventuelle défaite qu’il pourrait subir, vous êtes sûr qu’il va perdre. J’ai une seule idée en tête : c’est maintenant qu’on a une chance crédible de changer vraiment la politique française. C’est à portée de la main. Les Français peuvent prendre le pouvoir.

Mais quelle serait votre attitude si…

Mon attitude et ma volonté, c’est simple : être au second tour et gagner.

Que pensez-vous des sondages ?

Ils sont encourageants, mais il n’y a qu’un sondage qui compte : celui du 22 avril, quand les électeurs s’exprimeront.


Interview
Virginie Le Guay
Florence Muracciole

Le Journal du Dimanche


Commentaires

Nuit Orange!!!! A longwy! On y était! Alors c'était comment?

Il y a des soirs comme cette soirée de longwy où l'on sent que l'on est dans le ton, où l'on sent que les mots sont justes et que notre engagement est un engagement fort et complet.

Nous avons convaincu. Nous avons réussi ensemble ce qu'aucun de nous seul aurait pu faire. C'est ensemble que nous réussissons à faire de nos espoirs un feu de joie qui ne sera pas un feu de paille.

Le bilan est fort. Et desormais Longwy sait que l'UDF est présente et que son propos va partout.

Les citoyens croisés à Utopolis ont souvent eu en premier lieu une réaction de rejet qu'ils ont tous oublié après une discussion. Bien d'entre eux voteront pour François Bayrou dimanche prochain.

L'un d'eux se sent de rejoindre nos rangs sur Longwy.

Plusieurs affirmant vouloir voter Le Pen ont fermement changé d'avis. Voilà pourquoi, et je l'ai toujours répété, les electeurs de Le Pen sont des citoyens à part entière, simplement égarés dans le refus, il faut les amener à croire à nouveau en notre démocratie. Il ne s'agissait pas de les faire voter UDF mais de simplement démonter patiemment la mécanique FN, mécanique de rejet, de refus de négation de nos principes et de nos valeurs républicaines.
S'ils nous ont dit à la fin vouloir voter François Bayrou c'est parce que celui ci est pour cette "deuxième chance" que les autres candidats oublient trop facilement.
Voilà la plus belle récompense de notre travail militant plein d'energie et d'audace: parvenir à reconquérir les citoyens perdus de notre démocratie.

Et que dire d'ailleurs de cette femme qui voulait voter blanc et qui a toujours voté blanc, fatiguée de ces chamailleries partisanes qui va donner réellemnt sa chance à François Bayrou. "Le seul, selon elle, capable de briser ces partis qui nous ennuient".

Il faut aussi parler des déçus du socialisme. Ils sont légion sur ces terres historiques de la gauche ouvrière et syndicale au passé douloureux. Que voulez vous qu'Aurélie File petit représente par ici. Elle habite Paris. Elle écrit des discours pour la Royal. Loin lon si loin de ces terres de d'acier et de rouille où certes l'on, va mieux qu'avant mais où l'espoir n'est plus car les blessures sont là et elles sont vieilles.

Oui il faut du sang neuf pour irriguer ces terres parcourues des filons miniers. Ce sang neuf n'est plus au PS qui se ballade encore parfois sur les marchés comme un vieux soldat fatigué et craintif.

Ce sang neuf, cette dynamique et cette energie, cette rage devrai je dire est au centre et les cadres socialistes croisés hier le savent et ils réagissent par de petits papiers inutiles; qui ne rassurent qu'eux même. Dénonçant une manoeuvre (un complot), Bayrou qui serait un Sarko (le complot), vieille technique de la droite (le grand complot) et libéral par dessus tout si vous saviez ( le très grand complot) et pas du tout social mais alors pas du tout puisque nous socialistes on vous le dit faut vraiment nous croire mais alors vraiment vraiment (ah les traîtes de comploteurs capitalistes et salauds! ah les salauds). voilà à quoi peut on résumer ces billets que les gens ne lisent même plus et auxquels personne ne croit.

Mais oui messieurs, personne ne vous croit plus. vous avez trop usé la confiance et trop abusé des espoirs de cette farnce qui continue de souffrir pendant que vous imprimez vos médiocres écrits. Vous êtes redevenus les hommes et les femmes du passé. Ce n'est pas de votre faute. C'est celle de votre parti lourd et pesant, qui ne se mobilise même plus. Comme si le rêve vous avait abandonné. Nous vous rappellons à la réalité. Vous êtes redevenus les militants du passif.

Mais revenons à ces citoyens attentifs et ils le sont quasiment tous.

J'oublie aussi tous les jeunes, belges, luxembourgeois qui à l'instar de leurs amis français de ce côté de la frontière invisible reconnaissent en François Bayrou cet européen convaincu qui pourra redonner à la France son dynamisme Européen. Ils l'attendent et ils l'espèrent parce qu'ici plus qu'ailleurs on connaît les échecs politiques et économiques, les désillusions de la relance industrielle, et l'on sait ce que l'on doit à l'Europe.

On ne lui doit pas uniquement les cigarettes moins chères au Luxembourg, on lui doit surtout cette chance inouie des échanges.

Ce qui s'échange: la culture, les biens, les personnes.
Ce que nous communiquons: l'espoir.

Voilà ce qu'a été cette journée de Longwy un vaste message d'espoir!

Continuons à le porter! puisque le soleil nous est favorable!

(Merci à Isabelle Karleskind pour son accueil! Bon courage pour sa campagne! )

Ecrit par : Créon | 15.04.2007

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