11.02.2009
Le renard et la colombe
Au lendemain d’un simulacre d’interview présidentiel je souhaiterai vous faire partager la lecture d’un exercice de style que je trouve tout particulièrement réussi.
En imaginant le retour de M. Jean de la Fontaine, un de mes amis, amoureux des belles lettres, au lendemain de l’élection présidentielle rédigea un pastiche de fable à l'image notre célèbre croqueur de la société de son époque.
A savourer SANS modération
Le Renard et la colombe
Un vieux lion, l’escarcelle et la panse bien garnies
Par douze ans de ripailles et force vilénies,
Dut quitter l’Elysée pour rejoindre les champs.
Il fallut bien pourvoir à son remplacement.
On lui sut gré cependant d’avoir poussé ce cri :
« Point de guerre en Irak durant la Chiraquie ! »
Il aimait les Sumos, la vieille lionne aussi :
Médailles d’or au gros, pièces jaunes aux petits !
Sa succession vit surgir douze prétendants :
Quatre gourgandines et huit intrigants.
Tous espéraient atteindre le buffet royal :
Le hibou chouan, le vieux et borgne chacal,
L’inlassable fourmi rouge et la chouette qui voit net,
Rhésus, le facteur, singe aimable et point bête,
Sans omettre le castor si hardi, ni hous,
Martin-pêcheur, la souris stalinette bien douce,
Le bélier fauche maïs, le cheval béarnais…
Ces nobles animaux furent tous éliminés !
Quand le peuple mouton vota le premier soir,
Seuls restèrent en lice la colombe et le renard.
Et maints moutons aveugles, séduits par son discours,
Croyaient que le renard viendrait à leur secours !
Et maints moutons naïfs rêvaient que la colombe
Leur donnerait la paix, et au renard la tombe !
Au duel oratoire, pour refaire son retard,
La colombe entreprit d’effrayer le renard.
Affectant alors une colère royale,
Elle tomba dans le piège du rusé animal.
Lui, le colérique, ne haussa pas le ton,
Et ce fut la colombe qui fit peur aux moutons !
Le vote final ne vit point de miracle :
Les moutons s’engouffrèrent vers leur propre débâcle.
La colombe, pourtant, avait bien combattu ;
Mais le combat, d’entrée, était trop inégal.
Pour vaincre le perfide n’aurait-il pas mieux valu
Rester plus près du sol et choisir le cheval ?
16:21 Publié dans François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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